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le blog des fanas de livres
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  • Je lis pour m'évader, avancer, ressentir des émotions et des sensations, rire, vibrer, pleurer, comprendre, m'ouvrir à de nouvelles cultures, rêver, trembler... et j'ai bien envie de le partager avec vous.
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23 octobre 2006

La Cliente, de Pierre Assouline

cliente

J'aime les livres de Pierre Assouline. Meme si cet ecrivain touche a tout est un peu enervant par son talent et sa production phenomenale: biographe (Gallimard, Dassault, Jean Jardin,Khanweiller, Albert Londres, Simenon, Herge, excusez du peu, romancier (Double Vie, Hotel Lutetia, et La Cliente), journaliste. Allez visiter son blog pour imaginer la masse de boulot abattu par l'individu.

http://passouline.blog.lemonde.fr/

La Cliente donc. Pas recent, recent, puisque cela date de 1998. Mais un bon prix sur Priceminister, et hop, l'affaire etait dans le sac l'ete dernier, au mois de juillet, alors qu'il faisait chaud, si chaud.

L'histoire?
Celle d'un biographe qui obtient une autorisation pour aller consulter les archives nationales concernant l'occupation.Au cours de ses recherches, il découvre une lettre de dénonciation qui a envoyé à la mort la famille de son ami d'enfance. Il cherche a en retrouver l'auteur pour que celui-ci lui explique son geste. Sa  quête se transforme en harcèlement, en desir malsain de vengeance, 50 ans en arriere.

Un extrait.

“Rien. Toujours rien. Rigoureusement rien. Le nom de Désiré Simon n'apparaissait nulle Pourtant j'avais sous la main tous les dossiers de cette saleté de bureaucratie. Les lettres, les minutes, les rapports, les télégrammes, les bordereaux, et même les factures de ladite police aux questions juives, mais non, il n'y avait rien.
Je continuais pourtant, jusqu'à la nausée. Quand je n'y voyais plus clair, je retirais mes lunettes, me frottais les yeux, que je gardais clos. Ainsi prostré pendant de longues minutes, je me laissais gagner par le malaise. Pour le chasser, il fallait reprendre et poursuivre. Une voix intérieure me disait : tu brûles... En attendant, je me consumais.
D'habitude, après des mois de recherche, j'étais en parfaite osmose avec mon personnage. Il ne fallait guère plus que cette délicieuse empathie pour faire mon bonheur. Cette fois, je me retrouvais sans l'avoir voulu en harmonie avec un frêle moment de sa vie. Je ne me reconnaissais plus.
Les années quarante m'étaient devenues une seconde patrie. Mon pays d'adoption en quelque sorte. Mais je ne l'habitais pas, c'est lui qui m'habitait. L'Occupation m'avait pénétré. Je n'étais plus un homme, j'étais une guerre civile.
Parfois, mon regard se posait sur un nom, une date, un fait. Puis il repartait. Fausse alerte. Jusqu'à cet instant précis où, en haut à droite d'une lettre, je lus machinalement une adresse, qui me fit sursauter à la relecture. Je lâchai un « Quoi? » qui dut être assez sonore pour troubler la quiétude des lieux puisque quelques chercheurs se tournèrent vers moi le regard chargé de reproches.
Je levai les yeux. La grande horloge à quartz indiquait seize heures onze. C'est à cet instant précis que tout a basculé. ”

Et si quelqu'un a lu son dernier ouvrage Rosebud qui vient de sortir (description de personnages celebres au travers de leurs objets fetiches), merci de vos commentaires! Pour vous donner envie:

- Rudyard Kipling et sa Rolls, avec laquelle il sillonna les champs de bataille de la Somme, à la recherche obstinée de son fils disparu, un fils qui s’était engagé sous la pression de ce père ultrabelliciste.

- Paul Celan, dont l’inséparable montre, pour une fois délaissée, signifia à ses proches son suicide.

- Jean Moulin et son écharpe, qui cachait le témoignage même de son engagement, gravé dans sa chair.

- Henri Cartier-Bresson, dont la canne-siège marquait simultanément ses adieux à la photographie et sa renaissance dans le dessin.

- La plaque commémorative, apposée rue des Grands-Augustins à Paris, qui signale le lieu où Balzac écrivit Le chef-d’œuvre inconnu, puis – troublante coïncidence – où Picasso peignit Guernica près d’un siècle plus tard.

- David Owen, ancien ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, que ses chaussures neuves firent souffrir tout au long de la cérémonie du mariage du prince Charles – scène drolatique qui en dit long sur la haute société britannique.

- Pierre Bonnard, dont les poches recélaient un véritable atelier de peintre en miniature – couleurs, pinceaux… – qu’il utilisait pour retoucher en douce ses tableaux exposés dans les musées…

Commentaires
F
Toujours pas lu,mais je pense bien le faire prochainement. ;-)
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