Chagrin d'école, de Pennac Daniel
Le Père Noël (enfin, surtout la Mère ) m'a apporté ce livre sous le sapin. Pauvres parents Noël qui en ont bavé il y a quelques années d'avoir une enfant cancre à la maison !!
Pour la première fois je retrouve dans un livre la souffrance du cancre, que j'a
i malheureusement connu :
- les mauvaises notes à ramener à la maison "pourvue que maman (qui a passé 2H à me faire réviser) ne me demande pas si on m'a rendu mon contrôle ou j'ai eu une mauvaise note",
- la tête vide au moment de l'interrogation,
- la fameuse phrase du prof "vous pouvez me répéter ce que je viens de dire?" alors que l'on est si loin d'une sombre salle de cour...
- et les phrases assassines "mais c'est pas vrai, tu le fais exprès !", "mais qu'est ce qu'on va faire de toi plus tard.?"
En tant qu'ancien cancre, Daniel Pennac comprend parfaitement le malaise de certains élèves.
En tant que professeur de français, il nous livre son regard sur l'éducation, l’institution scolaire, les jeunes, la langue et aussi la société de consommation actuelle.
Mais surtout, il nous martèle qu'un mauvais élève n'est pas perdu pour toujours, que chacun a sa forme d'intelligence et qu'on ne rentre pas tous dans le même moule. Il nous livre ses méthodes, sa pédagogie : des cours ludiques avec, avant tout, la remise en confiance de l'élève abîmé par ses difficultés scolaires.
Comme j'aurai aimé avoir de tels cours, comme j'aurai aimé que mon incapacité à retenir la grammaire et les règles d'orthographe, malgré mon appétit déjà vorace de lectures, soit mieux comprise.. et comme j'aimerai que la prof de française de mon fils (6ème) qui ne sait que demander aux élèves de surligner des règles de grammaire sur une vieille photocopie grisâtre avant de leur faire bêtement apprendre par coeur, lise ce livre !!!!
Ce n'est pas un livre majeur, juste un livre simple, plein de tendresse et d'évidence, sans prétention mais riche du regard qu'il apporte sur les élèves en difficulté et sur ce monde de l'éducation qui va nous accaparer de 3 à 18 ans...
Extrait sur la fameuse phrase : "tu le fais exprès".
"Exprès de quoi faire? La dernière bêtise en date? Non, le ton sur lequel nous avons lancé cette accusation (car il y a le ton, aussi!) laisse clairement entendre que le coupable le fait toujours exprès, que chaque fois il le fait exprès, que cette dernière bêtise est la confirmation de cette obstination. Alors, exprès de quoi faire?
De ne pas m'obéir ?
De ne pas travailler ?
De ne pas te concentrer ?
De ne pas comprendre ?
De ne pas même chercher à comprendre ?
De me résister ?
De me faire enrager ?
D'exaspérer tes profs ?
De désespérer tes parents ?
De céder à tes pires faiblesses ?
De saborder ton avenir en pourrissant ton présent ?
De te moquer du monde ?
C'est ça, hein, tu te moques du monde ? Tu nous provoques ?"
