Zoli, de McCann Colum
parution 07/2007 - 325 p - traduit de l'anglais
On est en 2003, en Italie. Zoli, tzigane tchécoslovaque de 70 ans, parle (ou écrit?) à sa fille . Elle lui raconte sa vie, son enfance en Tchécoslovaquie pendant la guerre 39-40, quand son peuple était poursuivi par les fascistes. C'est eux qui ont tué toute sa famille. Elle a été élevé par son grand père, fervent communiste. Elle nous fait connaître la vie de cette communauté, ses coutumes, son histoire.
Une des coutumes de ce peuple c'est le langage parlé, pas d'écrit. Or Zoli, contre l'avis de sa communauté, a appris à lire et à écrire. Ses poèmes, sa liberté, sa fougue vont être remarqués par deux hommes : un poète slovaque qui veut imprimer ses chansons, et Swann, assistant mi anglais-mi slovaque qui est éperdument amoureux. Mais l'écrit et l'amour hors du peuple tzigane sont interdits.
Zoli raconte aussi la fin de sa vie hors de sa communauté dont elle a été bannie, ses espoirs, les changements de sa vie mais aussi les changements de la communauté tzigane.
Au milieu de cette histoire, racontée par Zoli, un chapitre est écrit par Swann, l'amoureux transi, qui nous parle de sa relation avec Zoli et son incompréhension de ce monde qu'il ne connaît pas
Malgré quelques longueurs, j'ai beaucoup aimé ce livre. J'ai été émue par la vie de cette femme, par ses souffrances mais aussi par son immense courage, sa soif de vie et de liberté. J'ai découvert un peu du monde Tzigane. On a tendance à oublier qu'ils ont été massacrés par les nazis, puis anéantis par les communistes.
Ce livre a été lu dans le cadre du défi lecture
dans la catégorie "livre avec un prénom dans le titre".
Vous pouvez allez voir les avis enthousiastes de Bernard, Sylvie. Mais il y a aussi Jules qui a abandonné en cours de route...
Extrait : " Je n'arrive pas à expliquer pourquoi, si nombreux, ils nous ont détestés avec tant de ferveur et pendant tant d'années. Et si j'y arrivais, ça leur rendrait les choses encore bien trop faciles. Ils nous font taire en nous coupant la langue, ensuite ils viennent nous demander les réponses. Ils refusent de penser par eux mêmes, et ils méprisent ceux qui ont des idées. Ils ne se sentent bien qu'avec un fouet au dessus de la tête et , la plupart du temps, notre arme la plus dangereuse n'est qu'un chanson. Je suis pleine de souvenir de ceux qui ont vécu et de ceux qui sont morts. Nous avons aussi nos couillons et nos démons, chonorroeja, mais la haine des autres autour et partout, nous rassemble. Montre moi un seul coin de terre dont nous ne sommes pas partis, d'où ne partirons pas, un seul endroit qu'il n'a pas fallu éviter. Si j'ai maudit beaucoup des nôtres, nos supercheries, notre double langage, ma propre vanité et ma propre bêtise, le pire d'entre nous ne s'est jamais retrouvé avec les pires d'entre eux. Ils nous appellent leurs ennemis pour n'avoir pas à se regarder. Ils retirent la liberté de l'un pour la donner à l'autre. Ils transforment la justice en vengeance mais continuent à l'appeler justice. On attend de nous qu'on lise l'avenir, ou du moins qu'on lui vide les poches. Ils nous rasent la tête, nous traitent de voleurs, de menteurs, d'ordures, et nous demandent ensuite pourquoi on ne ferait pas comme eux."