Un enfant de l'amour, de Lessing Doris
Deuxième livre que je lis de cette auteure (après Vaincue par la brousse, son premier roman, qui fut un coup de coeur), et j’ai retrouvé avec plaisir son écriture fluide et riche.
Doris Lessing va nous raconter la vie de James, jeune anglais rêveur sans avenir, pendant la guerre 39-40. Il va être envoyé avec son régiment en Inde. Long voyage en bateau, ennui, maladie, chaleur… et lors d’une escale au Cap, il va rencontrer pendant quelques jours une jeune femme en mal d’amour. Pour lui, va naître un amour inconditionnel, une passion qui va l’aider à surmonter les 4 années d’attente en Inde. Mais pour elle, ce n’était qu’une escapade amoureuse. Rentré en Angleterre, à la fin de la guerre, il va continuer à fantasmer sur cet amour…
Très bonne description du voyage interminable, de ces femmes du Cap qui attendent les soldats comme une parenthèse de plaisir et de fête, l’attente interminable en Inde ou le régiment va "espérer" pendant des années une bataille contre les japonais, mais va plutôt servir à conserver la colonie…. Mais surtout, Doris Lessing sait à merveille décrire les caractères de ses personnages, leurs attentes, leurs envies.
Très bon livre, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable mais qui a été très plaisant à lire.
Extrait : « Quand elle était arrivé en Afrique du Sud, Daphné avait reproché à Betty , la Sud Africaine de naissance et de culture, de se comporter devant son personnel comme si celui-ci n’existait pas. Un jour, Betty était sortie nue de sa salle de bains et avait traversé sa chambre, offerte à la vue du jardinier, qui travaillait juste de l’autre côté des portes-fenêtres. Elle était planté là, à discuter, en se brossant les cheveux, et virevoltait comme si l’homme n’était pas là. Quand Daphné lui avait dit ses quatre vérités, elle s’était rendu compte, pour la première fois que ses domestiques lui étaient devenus aussi invisibles que des serviteurs mécaniques. Ils étaient bien payés – car on n’est pas pingre au Cap (« Nous payons nos gens bien mieux qu’on ne le fait à Johannesburg ») ; bien nourris, ils se voyaient emmener régulièrement chez le médecin, accorder des généreuses heures de liberté. Mais pour Betty, ils n’existaient pas en tant qu’êtres humains. »
