Festival Etonnants Voyageurs, la moisson
Je suis donc allé samedi, pour la première fois, au Festival de Saint-Malo. Une fois sur place, je me suis rapidement rendu compte que les trois heures que je comptais y dédier étaient largement insuffisante pour faire le tour. C'est au minimum une journée entière qui est nécessaire, et je m'organisera différemment la prochaine fois !
Car, en plus du salon du livre que j'ai arpenté, il y a un coin "livre en scènes", ou des acteurs comme Ariane Ascaride, Fanny Cottençon, Robin Renucci.... lisent pendant 3/4 heure un extrait d'un roman. Il y a aussi des expositions, des films, des spectacles, des cafés littéraires, et bien d'autres choses encore !!! donc, je n'ai vu qu'une petite partie du festival.
J'ai quand même rencontré trois auteurs que j'aime bien et qui m'ont dédicacé leurs livres :
Tout d'abord Alaa El Aswani, auteur égyptien qui vient de sortir "Chicago".
(Fils d'un avocat et écrivain égyptien, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Parlant plusieurs langues dont le français, l'anglais et l'espagnol, il reste cependant un authentique Egyptien, profondément attaché à sa terre, la vallée du Nil. Ecrivain dans la veine du célèbre prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz, c'est après un séjour aux Etats-Unis où il est parti étudier, qu'il publie un premier recueil de nouvelles immédiatement remarqué. Egalement journaliste, écrivant sur la littérature, la politique et les questions sociales pour des journaux égyptiens, il publie un second recueil en 1998. Son premier roman, 'L' Immeuble Yacoubian' sort en 2002. Vendu à plus de 100.000 exemplaires dans le monde arabe, il est d'abord traduit en langue anglaise avant d'être enfin publié en français en 2006. Il sort en 2007 le roman 'Chicago', récit de la vie d'émigrés égyptiens sur le territoire américain.)
J'ai ensuite croisé Leonora Miano, dont les deux premiers livres m'avaient marqués (je l'avais déjà vu à Rennes lors du prix Goncourt Lycéen qu"elle a reçu en 2006). J'ai donc acheté son nouveau livre, qui, contrairement aux autres, ne se passent pas en Afrique mais à Paris.
(Ecrivain révoltée puisant sa force dans les terres brûlantes de son Cameroun natal, Léonora Miano s'est imposée en 2005 avec un roman choc, 'L' intérieur de la nuit' dans lequel elle dénonce la barbarie qu'entraînent les guerres civiles d'Afrique.
Parlant des tabous d'une société désaxée et de la souffrances des femmes de son pays, elle fait découvrir à l'occident les contradictions de l'identité africaine. Vivant désormais en France depuis 1991 où elle suivait des études de Lettres à Valenciennes, elle s'applique à comprendre et à expliquer ce qui construit la culture contemporaine de son pays. En 2006, elle sort un deuxième roman 'Contours du jour qui vient' qui reçoit le prix concourt Lycéens.)
"Tels des astres éteints" est donc son troisième roman
J'ai enfin attendu un grand auteur, que je suis depuis que j'ai lu "cette incroyable absence de lumière", récit effroyable, dur et magnifique d'un prisonnier marocain enmuré vivant pendant des années au bagne de Tazmamart : "Cette effroyable absence de lumière". J'ai aussi beaucoup aimé ses petits livres sur "le racisme expliqué à ma fille', et "la religion expliqué à ma fille"
Vous avez peut-être reconnu Tahar Ben Jelloun, nouveau juré du prix Goncourt, qui vient d'écrire un livre sur sa mère. Mais j'ai acheté un livre plus ancien et qui me plaisait plus "Partir"
(Lors de ses études de philosophie à Rabat, Tahar Ben Jelloun connaît le début d'une répression estudiantine. En 1965, beaucoup d'étudiants manifestent dans les grandes villes du Maroc mais les autorités réprouvent, et le jeune homme est accusé d'avoir organisé les émeutes. Il est envoyé avec 94 autres de ses camarades en camp disciplinaire de l'armée en 1966. Il n'est libéré qu'en janvier 1968 et reprend ses études. Il s'exile en 1971 en France et se spécialise dans la psychiatrie sociale. Son premier recueil de poésies est publié un an à peine après son arrivée et Le Monde s'intéresse à lui. Il devient pigiste dans ce grand journal et publie un roman en 1973 'Harrouda' chez Denoël qui fait grand bruit chez les maîtres à penser comme Beckett ou Barthes. Jusqu'en 1981, Tahar continue à publier des poèmes et des articles. Son second roman 'La Prière de l'absent', puis en 1983 'L' Ecrivain public', récit autobiographique, sont de véritables succès littéraires. Egalement essayiste, Jelloun n'hésite pas à s'engager pour des causes nobles comme le problème du racisme. En 1987, il reçoit le prestigieux Prix Goncourt pour son livre 'La Nuit sacrée'. Ecrivain insatiable, Tahar Ben Jelloun écrit des dizaines d'ouvrages tout au long de sa vie. Son oeuvre est peuplée de personnages marginaux, en quête d'identité sexuelle et sociale.)
Donc une belle moisson et des supers lectures à venir.

