Le petit prince cannibale, de Lefèvre Françoise
Prix Goncourt des Lycéens 1990
Ni un roman, ni une autobiographie, un mélange des deux....
Le fils de Françoise Lefèvre est autiste. Pendant ses 4 premières années, ses cris perçants vrillent les oreilles et les nerfs. Il ne sourit pas, ne parle pas, ne mâche pas... Sa mère refuse de le faire hospitaliser, de le considérer comme un handicapé. Elle est persuadée qu'elle va pouvoir le sortir de son autisme, elle est sûre d'y arriver à force de combat et d'écoute. Elle entre dans son monde pour communiquer, puis, elle s'oblige à en sortir pour vivre. Elle passe de la colère et de débordements verbaux à la plus grande tendresse. Elle a une force considérable qui lui permet de le tenir à bout de bras. Pas une seule heure pour elle. Pendant ces 4 premières années, elle n'a pas écrit une ligne "Ce n'est pas tant la mère que tu asphyxies, c'est l'écrivain".
En parallèle, Françoise Lefevre essaye d'écrire un roman, sur Blanche, cantatrice très connue et mal aimée couverte d'un cancer de la peau...
Au début j'ai été un peu désarçonnée par ce va et vient entre l'enfant autiste et Blanche. Et puis j'ai compris que l'auteure voulait ainsi nous montrer son impossibilité à écrire. A chaque fois qu'une phrase lui arrive sur Blanche, elle est interrompu par son fils.
Un immense message d'espoir et d'amour. Un très beau livre. Merci à Florinette, Anne et Sylire qui m'ont donné envie de lire ce livr.
J'aimerai aujourd'hui en savoir plus. Qu'est-il devenu ce petit prince cannibale qui doit être aujourd'hui adulte ? J'ai du coup envie de lire "Surtout ne me dessine pas un mouton" qui décrit l'entrée de cet enfant au collège
Extrait : " Il faut, Sylvestre, que j'accepte d'être moins exaspérée par tes crises de violence, ces ornières où tu tombes si souvent. Il faut que j'accepte de ne plus écrire, de remettre mon livre sans cesse à demain avec tout le malaise que cela fait naître en moi. Il faut que j'accepte enfin que tu me prennes beaucoup et ne me donnes presque rien. Abnégation totale de ma vie. Mes pensées. Mes rythmes. Mon intimité. Ma liberté. Il me semble que je ne ris plus beaucoup. Durant ces quatre années nous avons été comme des vases communicants. Patient goutte-à-goutte. O lente, si lente transfusion de mes veines à ton sang. Je dois être vigilante et ne pas perdre contact avec toi. Ne jamais te laisser dériver seul."