Les déferlantes, de Gallay Claudie
Un livre que j'avais noté suite à de très bonnes critiques glanées dans des magasines littéraires ou non.
J'ai été un peu déçue au début par la lenteur de l'histoire... les redites, les non dits, et l'écriture "parlé" : "Il a fait non avec la tête", "sale temps, il a dit"....et puis... j'ai été prise par l'histoire de ces êtres en désespérance dans ce coin de terre et de mer rude et magnifique.
Il y a la narratrice, retranchée dans ce coin de terre depuis la mort de son ami. Solitaire, elle travaille pour le centre ornithologique et se demande si elle pourra un jour revivre.
Lambert, la quarantaine, qui a perdu ses parents et son petit frère dans un naufrage de leur voilier, quand il avait 12 ans, et qui revient dans ce village de vacances pour vendre la maison familiale.
Nan, la couturière des linceuls, vieille femme à moitié folle qui vient les jours de tempête sur la grève pour attendre que la mer lui rende ses morts.
Lili, tenancière du bar, écorchée vive par le non amour entre sa vieille mère et son père, Théo, ancien gardien du phare.
Et enfin Raphaël, sculpteur de statue de femmes aux corps torturés, et sa soeur, Morgane, qui vit de rien.
Chaque personnage a quelque chose à taire, quelque chose à chercher, une fêlure, un creux à remplir...
Ils vont se croiser, se rencontrer, s'observer.. sur fond du mystère d'un enfant "perdu". La question principale reste : peut-on vivre après un drame ? comment? pour qui ? pourquoi ? peut-on réapprendre à rire ? le pardon s'apparente-t-il à l'oubli ?
Un livre avec des très beaux passages, parfois un peu long, parfois un peu dense, mais que j'ai eu plaisir à lire.
Vous pouvez allez voir les critiques positives de Cathulu, Gawou
Extraits :
" Ça devenait tendu entre nous, trop compliqué.
Il regardait du côté du phare.
- Rien n'a changé, les maisons sont les mêmes, la lande... Les fils ressemblent aux pères, tout est pareil et pourtant... Théo, je voudrais le haïr, je n'y arrive plus.
- C'est ça qui vous fait si mal?
Ne plus souffrir de cette manière intolérable. Cette injustice de vivre quand les autres sont morts, et de survivre justement.
Survivre encore. Envers et contre tout.
Envers et contre la mort.
Et se surprendre, un jour, à rire."
" Je me suis assise jusqu'à ce que l'espace m'avale. Fasse de moi un être minéral en contemplation devant le monde."
