Hôtel maternel, de Le Drian Marie
C'est Yvon qui m'a mit sur le chemin de cette lecture.
En ayant lu son post, j'avais mis un commentaire en notant que j'avais l'impression que ce livre était bien "sombre". L'auteur, via le blog, m'avait laissé un message que je vous retranscris : "Bonjour Gambadou...et merci de votre message..."Hôtel maternel" est un peu noir, c'est sûr...mais j'ai essayé d'y glisser un peu d'humour...alors disons caustique plutôt que sombre...et puis...réaliste...si un jour vous avez l'occasion de le lire, merci de me dire...en attendant, je vous souhaite un bel été. sincèrement, marie"
Il n'en faut pas plus pour aiguiser ma curiosité !!!
Pas évident de faire un commentaire, il faut bien choisir les adjectifs ! Je ne parlerai pas d'humour après la lecture de ce livre, mais plutôt caustique, oui... et puis réaliste, ouch, je n'espère pas trop quand même !!!
Une jeune femme vit depuis 4 ans dans un "hôtel maternel". C'est un lieu ou se retrouve toutes les filles-mères qui ne savent pas ou aller. Elles travaillent à la chaîne dans une teinturerie, leurs salaires va directement à l'hôtel ou elles sont nourries, logées, blanchies. Leurs enfants sont pris en charge. Elles n'ont pas l'autorisation de sortir, mais tous les dimanches, pendant un minimum d'une heure, elles doivent se promener avec leurs enfants dans le parc de l'hôtel. Derrière les grillages qui bordent le parc, des hommes les observent. Si un homme "remarque" l'une d'entre elle, il fait une demande pour partir avec elle et l'enfant ou les enfants. Une enquête rapide de moralité à lieu. La femme ne peut pas refuser.
Elle vit donc depuis 4 ans avec ses jumeaux, Lise et Yves, ses enfants de l'amour. Elle s'est habituée à cette vie sans espoir mais aussi sans risque, sans aspérité. Et puis voilà qu'un dimanche, une homme la remarque, un homme qui lui offre une maison dans les dunes du nord mais qui ne vivra pas avec elle. Elle va alors, avec ses enfants, suivre un stage de " vie réelle", pour apprendre tout ce qu'elle perdra, et tout ce qu'elle trouvera. L'espoir est enfin là, de reprendre à zéro sa vie... mais est-ce possible?
J'ai retrouvé dans ce livre une écriture proche de celles de Véronique Olmi ou Jeanne Bennameur : beaucoup d'émotions, une sensibilité à fleur de peau, et des vies à la lisière de la société, sans folie ou désespoir, mais avec cependant quelque chose de "cassé".
Peut-être pas sombre, non, mais dur, sûrement.
Extrait : "Aujourd'hui, comme les autres dimanches, j'ai déambulé dans le parc avec mes vieilles savates à semelle de liège, ma coiffure arrangée et mon vernis neuf du mercredi. J'ai déambulé exactement une heure et cinq minutes. La direction exige une heure et en autorise deux : "En moins d'une heure ils n'ont guerre le temps au delà du grillage de vous regarder vraiment. Passé deux heures, ils vous ont trop vues, ils sont agacés". Moi je reste une heure, juste une heure, pour obéir au règlement."
