Des vents contraires, de Adam Olivier
C'est un vendeur d'une petite librairie de Dinard qui me l'avait recommandé, me disant que l'écriture était très agréable et que j'y retrouverai l'atmosphère de la Côte d'Emeraude, Olivier Adam étant Malouin et situant son roman sur cette côte.
J'ai été complètement happée par ce livre.
Paul vit seule avec son fils, Clément, 9 ans, et sa fille, Manon, 4 ans, depuis la disparition de sa femme 1 an auparavant. Une disparition mystérieuse comme on en lit parfois dans les journaux, pas de traces, pas de nouvelles... Il décide de quitter la région parisienne et la maison de leur bonheur pour Saint Malo, là ou l a vécu son enfance. Envie de repartir d'un bon pied, d'essayer de surmonter l'insurmontable, de vivre malgré tout pour les enfants. Mais rien n'y fait, toute la famille s'enfonce doucement mais sûrement dans le déni et la tristesse.
D'autres personnages gravitent autour de cette famille décomposée, un homme qui cherche à relier des liens avec son fils, une adolescente qui cherche au contraire à se délier de sa famille, un ami lointain qui aide Paul à tenir debout, une maîtresse irascible, un commissaire perdu.... Tous ces familiers rentrent tranquillement dans l'histoire, lui donnant plus de poids.
J'ai aussi beaucoup aimé la description des paysages que je connais si bien. L'histoire se situe en hiver, quand la mer et le ciel ne fond plus qu'un et que les camélias sont en boutons... Une écriture très imagée, parfois même un peu trop, seul bémol à cette lecture que j'ai dévoré.
Extrait : "La vie d'avant, la vie tranquille, la bonne vie, simple et modeste, petits bonheurs au jour le jour, la fatigue du boulot des enfants du temps qui passe mais c'était tout, faire des puzzles sur le tapis m'allonger près d'eux devant un dessin animé, embrasser Sarah dans le cou l'entendre prendre sa douche, une bière en été des cacahuètes sur la chaise longue près des hortensias, baiser dormir enlacés lire la tête sur son ventre, la regarder partir au matin et retrouver la maison silencieuse et calme. Lire le journal, boire un verre, fumer des cigarettes. Jeter un oeil au ciel. Rêver à la mer. Y aller quelques jours au printemps, quelques autres en été, la douceur d'une vie de sel et de sable. Et puis de temps en temps, quand l'argent voulait bien venir, s'enfuir à Prague, à Barcelone, à Lisbonne ou à Rome, Sarah marchait dans ses ruelles orange et sanguines, Clément lui tenait la main et Manon lui prenait son ventre."
Coup de coeur aussi pour Antigone, contrairement à Clarabel qui l'a trouvé trop triste.

