L’homme qui m’aimait tout bas, de Fottorino Eric
parution septembre 2009, 147 p
J’avais hâte de lire ce livre. L’histoire m’interpellait : un homme qui se suicide dans sa soixante-dix ème année, sans raison apparente, son fils adoptif qui lui rend hommage.
Le livre est très bien écrit, on ressent dans chaque page l’amour d’Eric Fottorino pour ce père qui lui a donné un nom à l’âge de 9 ans. La possibilité de dire « papa », le partage de la passion du vélo, la transmission d’une histoire. Il reste cependant assez vague sur sa vie familiale, ne se remémorant que des souvenirs ou il est seul avec son père.
Malgré cette émotion et cet amour, je n’ai pas réussi à rentrer complètement dans l’histoire. Je me sentais détachée, lointaine, et même si je comprenais les joies de ces deux là, il me manquait un « je ne sais quoi » pour vraiment les percevoir.
On sent qu’Eric Fottorino avait besoin de ce livre pour arriver à faire son deuil de ce père qui a décidé d’en finir de façon assez brutal. Besoin de se justifier, de savoir ce qu’il aurait pu faire pour éviter cette fin malheureuse. Besoin aussi de faire connaître ce père.
Pour moi, c’est une lecture en demi-teinte.
Anne a eu une lecture proche de la mienne, ce fut par contre un coup de coeur pour Sylire. Antigone a été gênée par un côté "voyeuriste" ...
Extrait : « Tu m’aimais tout bas, sans effusion, comme on murmure pour ne pas troubler l’ordre des choses. Tu m’aimais tout bas, sans le dire, sans éprouver le besoin d’élever la voix. C’était si fort – la force de l’évidence – que tu ne l’aurais pas crié sur les toits. Il fallait une indiscrétion de voisin, de cousin, pour que j’apprenne combien tu étais fier, heureux, de ce rejeton épais comme une arbalète qui disputait au plus costaud des titres de champion à la gomme. Je me console ainsi : tu es parti tôt, mais tu as eu le temps d’être fier de moi, de nous tes fils. François balle au pied, Jean à la guitare basse, et le drôle de rejeton que j’étais, armé de son vélo-stylo. »
Challenge rentrée littéraire 2/7