La relieuse du gué, de Delaflotte Mehdevi Anne
Parution 08/2008 – 267 p.
Mathilde était diplomate et a tout laissé tomber pour ouvrir une boutique de relieur dans un petite ruelle d’un village perdu de Dordogne. C’est son grand-père qui lui a transmis cette passion. Installée depuis peu, elle doute encore de la justesse de son choix de vie. Un matin, un jeune homme, la trentaine, entre dans son atelier pour lui confier un livre de croquis. Séduite par cet homme, elle va apprendre avec effroi qu’il est décédé dans un accident de voiture juste après son passage. C’est un inconnu, sans nom ni famille…. Mathilde va essayer de retrouver les traces de cet homme en s’appuyant sur l’étrange livre qu’il lui a laissé.
J’ai mis du temps à entrer dans ce livre et dans l’histoire de Mathilde. L’écrivain, dont c’est le premier livre, est elle-même relieuse et utilise énormément de termes techniques. Mais une fois le mystère installé, j’ai été happée par l’histoire et par la quête de cette femme.
Un livre agréable à lire, intéressant et prenant, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable…
Extrait : " Si je n’avais eu un métier depuis toujours, qui ne prétendait rien que d’associer des outils simples à des gestes patients pour qu’un livre renaisse au moins cent à cent cinquante ans, j’aurais sans doute fait comme les autres, je serais partie en poste à l’étranger. Lorsque l’on m’a demandé de soumettre mes vœux, j’ai su que je devais prendre une décision. Je cachais d’abord à ma famille que j’allais quitter le Quai d’Orsay. La mort de mon grand-père, après m’avoir d’abord paralysée, accéléra la rupture. Changer de vie implique beaucoup de brouhahas, de petits tracas, qui agissent comme de la glace sur une brûlure. Le charivari a masqué mon incompréhension de ne plus jamais être entendue de lui, de ne plus pouvoir m’adresser à lui. Jamais. J’ai déménagé. "
