Ici ça va, de Vinau Thomas
Là aussi un titre glané sur vos blogs et je vous en remercie !
Un jeune couple s’installe dans une vieille maison qu’ils retapent. On apprend rapidement que c’était la maison d’enfance du jeune homme mais qu’il n’a aucun souvenir.
Ce sont des petits chapitres simples sur le paysage, le débroussaillage, la rivière et les ragondins, la petite voisine sourde … plein de petits évènements qui font renaitre la vie. Mais la nature n’est pas la seule au cœur de ce roman. Il y est surtout question de la renaissance d’un homme qu’un évènement douloureux a profondément marqué dans son enfance.
Une écriture simple et émouvante.
En épilogue, il est noté que, sans être une suite, ce livre a été écrit dans la continuité de « nos cheveux blanchiront avec nos yeux ». Il ne me reste plus qu’à lire ce livre.
Extrait : « La force des petits matins frais. Ema m’a répété cette phrase ce matin. J’ai la force des petits matins frais. Elle revit ici. C’est ce qui compte. Je n’ai pas envie de fouiller dans ma mémoire De fourrer mes mains dans la plaie. Juste débroussailler. Retrouver un mur. Un visage. Nous sommes partis d’ici quand j’avais quoi, six ou sept ans. C’était devenu invivable pour ma mère. Ils avaient choisi cet endroit ensemble, avaient crépi les murs, réparé le toit, la route, la fosse septique. Je ne sais pas pourquoi je me souviens de la fosse septique. Probablement parce qu’ils avaient construit au-dessus une petite cabane pour les chiottes en attendant mieux. L’hiver le fond de la cuvette était gelé. Un étron figé oublié le soir qui se dressait comme un menhir nous avait bien fait rire. Mon esprit est un jardin désordonné. Une friche remplie de coton, de glace, de ronces et de fraises sauvages. »
