L'homme qui avait soif, de Mingarelli Hubert
Une belle lecture prise au hasard à la bibliothèque.
Japon - 1946 - Depuis un épisode de la guerre, Hisao a développé une phobie : il doit absolument boire dès qu'il a soif sous peine de devenir fou. Cette obsession va lui faire rater un train, et va l'entrainer dans une errance le long d'une voix de chemin de fer, à la poursuite d'une valise et du cadeau qu'il contient pour sa future épouse.
Tout au long de cette quête et à travers les rencontres qu'il va faire, il reviendra sur son parcours, cette bataille ou la hantise du manque d'eau l'a marqué, sur la très belle amitié qu'il avait noué avec un soldat, et sur sa fiancée qui l'attend au loin.
Un petit livre très poétique, avec une écriture fluide et agréable. On sent qu'Hisao est démuni, peut-être un peu simplet, et on espère pour lui une issue heureuse.
Extrait : "Le chien souffla, le vieillard souffla pareil et parla tout seul, pas longtemps. Ensuite, il dit à Hisao:
- Il souffre, il va bientôt mourir et moi aussi. Ça arrive vite. Tous les jours ça va plus vite. Rends moi un service, il en a assez, tue-le parce que moi je n'ai pas la force. Fais-le à ma place que je sois tranquille. Et je te donnerai un raccourci pour aller à Akita.
Hisao s'était tourné vers lui. Le vieillard continuait de manger et de ses yeux aveugles coulaient des larmes.
- Grand-père, je ne peux pas le faire.
- Tant pis, dit le vieillard. [...]
- Je m'en vais, grand-père. Merci pour le poisson, merci pour l'eau.
- Je t'ai menti. J'ai encore la force de le tuer. Il en faudrait pas beaucoup. Mais on a vécu ensemble, je l'aime bien.
Hisao attendit, puis murmura, ne sachant pas comment le dire autrement.
- Moi, c'est la force qui manquerait."
