La neige noire, de Lynch Paul
Barnabas Kane a du quitter l'Irlande à la mort de ses parents. C'est une tante aux États-Unis qui l'a élevé, et c'est à New-York, alors qu'il était riveteur en haut des buildings, qu'il a rencontré sa femme, Eskra. Alors que leur fils avait une dizaine d'années, ils décident de retourner en Irlande, dans le Donegal. Ils exploitent une ferme, vivent une vie dure mais heureuse. On est en pleine seconde guerre mondiale mais l'Irlande est peu touchée. Tout va donc bien jusqu'à ce qu'un incendie détruise l'étable et qu'un homme y meurt. En plus de la conséquence économique, c'est toute la vie de la famille qui va s'effondrer. Toujours vu comme des étrangers "Je suis originaire de ce pays, mais je n'en fais pas partie." on leur reproche leur réussite, leur façon de faire, le décès de l'homme dans l'incendie. De silence en secret dans la rudesse de la campagne irlandaise, on va suivre la lente chute de Barnabas et Eskra.
L'oxymore qu'il y a dans le titre est révélateur du ton du livre ou l'on trouve de très nombreuses figures de style. Une écriture très riche, très recherchée (bravo à la traductrice d'ailleurs). Au départ j'ai eu du mal avec cette écriture. Il fallait que je relise plusieurs fois certaines phrases pour savoir ce que l'auteur avait voulu dire. "Persiste en lui l'ombre d'un arbre dépenaillé, couchée au sol dans une clarté d'avant-jour, la sinuosité évocatrice de ses vrilles sinistres, dont la forme irréelle recule à présent devant l'arrivée du soleil". Et puis petit à petit je me suis laissé bercer par ces longues phrases poétiques, par la rigueur du pays, par la tension qui monte.
Une histoire qui m'a finalement happée !
Merci à Albin Michel pour cette découverte.
Et hop, un troisième titre de la rentrée littéraire !