Le voyant, de Garcin Jérôme
Dans ce roman, Jérôme Garcin rend hommage à Jacques Lusseyran, résistant et écrivain.
Le jeune Jacques Lusseyran perd la vue lors d'un accident en 1932 alors qu'il a tout juste huit ans. Au lieu de l'anéantir, cet handicap va le galvaniser. Aidé par ses parents qui l'ont toujours soutenu, il continu à aller au collège et intègre le lycée Louis-le-Grand. C'est là, à seize ans, qu'il va entrer dans la résistance en créant avec d'autres le mouvement "les Volontaires de la Liberté". Hypermnésique, Jacques Lusseyran va gouverner ses troupes, lui qui ne peut pas se rendre sur place pour distribuer des tracts ou fabriquer des faux-papiers. Arrêté à la suite d'une dénonciation, il va passer de longs mois à Fresnes avant d'être déporté à Buchenwald en 1944. Il en sortira vivant mais meurtri.
S'en suit alors une errance ponctuée par quelques années de dépression. Il partira finalement aux États-Unis où on lui propose un poste d'enseignant, lui à qui la France a refusé qu'il passe les concours pour cause de handicap.
Trois mariages, quatre enfants dont il s'occupera très peu, et une mort à quarante-sept ans dans un accident de voiture.
Je retiendrai la formidable philosophie de vie, l'engagement, et cela me donne envie de lire les livres de cet auteur que je ne connaissais pas.
Extrait : " Il ne reste pas grand chose de la vie de Jacques Lusseyran dont la philosophie et l'éthique , reposent sur un principe élémentaire : c'est au-dedans que le regard exerce son vrai pouvoir, que le vaste monde se donne à voir et que vivent, en harmonie, se tenant par la main, les vivants et les morts. S'exercer à fermer les yeux et aussi important qu'apprendre à les ouvrir."
