L'envol du moineau, de Amy Belding Brown

Fin XVIIe, Mary et Joseph vivent avec leurs trois enfants aux Etats-Unis dans une communauté de puritains. Venus d'Angleterre à la génération précédente, Joseph est pasteur et assez stricte. Au sein de la communauté, les femmes ont peu de liberté, ne peuvent sortir seules et Mary souffre de ne pas pouvoir, par exemple, aller aider une jeune fille-mère parce qu'elle est «souillée».
A la suite d'une attaque de la communauté par les indiens, Mary et ses trois enfants sont kidnappés alors que de nombreux colons sont massacrés sous leurs yeux. Séparée de ses enfants, esclave des indiens pendant quelques mois, elle va se rendre compte, au delà de sa souffrance, de l'humanité qui règne au sein de la tribu.
Devant la sauvagerie de l'attaque de la communauté, Mary s'attendait à être violée et torturée, or il n'en n'est rien. Les captives sont certes traitées comme des esclaves mais elles ne sont pas maltraitées. Elle va aussi découvrir que les femmes indiennes peuvent avoir une forte influence sur les hommes, et surtout qu'elles élèvent leurs enfants avec tendresse et amour alors qu'elle même ne pouvait pas avoir un geste d'affection envers ses enfants, gestes mal vus dans sa communauté puritaine.
Alors c'est dur, tout d'abord parce que l'attaque est abominable, un vrai carnage. Ensuite parce que la migration de cette tribu d'indiens est parsemée de morts : la famine règne, le territoire indien étant de plus en plus étroit, et les enfants et vieillards ne survivent pas à ces conditions dantesques. Le quotidien est très rude, les conditions de vie éprouvantes.
A son retour parmi le monde des blancs, Mary a profondément changé. Elle a un regard nouveau sur son rapport avec les autres et sur sa liberté.

Ce roman est tiré d'une histoire vraie, racontée dans un récit de captivité : Narrative of the captivity and restoration of Mrs. Mary Rowlandson.
Autant j'ai aimé la description des moeurs de l'époque, que ce soit celles des puritains ou des tribus indiennes, le récit du kidnapping, les conditions de vie des indiens qui étaient pourchassés, les prémices des guerres indiennes et des dépossessions d'une immense partie de leurs terres.
Autant j'ai été un peu déçue par le côté romanesque ajouté au récit : Mary va être kidnappée onze semaines en tout, cela me semble un peu court pour passer du dégoût le plus total (et avec le massacre sous ses yeux des colons lors de l'attaque, la mort d'un de ses enfants et la séparation avec les autres eux aussi capturés, on la comprend) à l'empathie et l'amour.
Bref, une lecture intéressante, avec des passages captivants, mais un côté trop caricatural du "bon" sauvage et une romance un peu trop rapide pour moi.