Avant que le monde ne se ferme, d'Alain Mascaro

Anton est né peu après la première guerre mondiale dans une famille tzigane qui vit dans un cirque ambulant parcourant les steppes d'Europe de l'Est. Pris sous l'aile d'un des membres de la troupe, un vieil homme joueur de violon et instruit, Anton va apprendre à lire et à écrire tout en se préparant à devenir dresseur de chevaux. La seconde guerre mondiale va briser son destin.
Le génocide tzigane (porajmos) est moins (re)connu que celui des juifs, il a pourtant eu lieu.
Il y a des passages très durs liés à la vie (et surtout à la mort) dans le ghetto de Lotz, les camps de concentration et lors de la marche d'évacuation des camps. Les rafles, le typhus, le froid, la faim, la soif, les maladies, la faiblesse qui s'installe, la famille décimée et les exécutions de prisonniers épuisés sont toujours des passages difficiles à lire.
Rescapé des camps, envoyé aux Etats-Unis, Anton continuera à voyager pour arriver en Inde et y retrouver certains de ses amis tziganes qui avaient fui. Rempli des mille trois cent quatre noms des morts dont il a été le témoin, il va enfin pouvoir se libérer de leur poids et reconstituer un cirque avec d'autres personnes marquées par la guerre
A chaque moment (très) noir de la vie d'Anton, correspond une rencontre lumineuse. Simon Wertheimer, un médecin juif dans le ghetto qui essaye d'aider comme il peut les malades et qui va lui apprendre les gestes qui sauvent, Silke, une jeune fille allemande à qui il va apprendre l'équitation, Katok un juif grecque interné, Saül Wittgenstein qui fait tout pour l'envoyer aux Etats-Unis se soigner, Katia et Jag qui l'attendent, Yadia et sa dette et même l'apparition étonnante de Ghandi qui va l'aider à s'affranchir du poids des morts qu'il porte.
Une épopée tragique dans l'Europe nazie, une renaissance aux Etats-Unis et en Inde, un jeune homme témoin d'atrocités mais résilient grâce à des belles rencontres.
Et bien avec tout ça, je ne sais pas quoi penser de ma lecture ¯\_(ツ)_/¯. Pas évident du coup d'en faire la critique ...
J'ai trouvé ce roman hyper sombre et en même temps lumineux. J'ai voulu sauter des passages trop durs, mais aussi des passages trop faciles (les retrouvailles en Inde, Gandhi, les chevaux qui lui obéissent par un murmure). J'ai aimé la force de ce jeune garçon mais parfois j'ai été énervée par son manque de prise de décision (si on regarde bien, il ne fait que suivre).
Voilà tout ce que je peux vous dire de ma lecture !