Numéro deux de David Foenkinos
J'avais mal commencé avec cet auteur, les deux premiers livres lus m'ayant déçus. Et puis j'avais beaucoup aimé "Charlotte", sorte d'OVNI littéraire bien écrit, du coup quand je l'ai vu et entendu au festival des livres de Binic, j'ai acheté son nouveau livre "numéro deux".
L'auteur revient sur la réussite fulgurante de J.K Rowling après que son manuscrit ait été refusé une douzaine de fois. Quand les ventes ont explosé, il a rapidement été question d'une adaptation en film. Les castings ont été lancés, et deux enfants d'une dizaine d'années se sont retrouvéq finalistes pour le rôle de Harry Potter : Daniel Radcliffe et Martin Hill. On connaît la suite ...
Pour Martin, qui n'a pas été choisi, commence la descente en enfer. Il a le sentiment d'avoir raté sa vie ou qu'on le lui a volé. Il passe son temps à se mésestimer et développe une véritable phobie dès que paraît un volume de la saga. Car la ferveur des fans à chaque sortie lui rappelle son échec. Et l'engouement autour des vedettes du film, Harry, Hermione et Ron, lui montre tout ce qu'il n'aura pas eu.
C'est un véritable handicap social qui va le poursuivre de longues années.
J'ai eu du mal avec la première partie du livre que j'ai trouvé très proche d'un documentaire sur JK Rowling, sans trop d'intérêt (on connaît déjà bien son histoire).
Arrive ensuite la partie sur Martin et sa dépression... et j'ai trouvé que l'on tournait en rond avec pas mal de psychanalyse de bazar. Martin m'a ému parfois avec sa vulnérabilité et sa sensibilité, mais il m'a surtout énervé à s'enfoncer dans son obsession.
Bref, ce n'est définitivement pas un auteur pour moi. Je l'ai prêté à une amie qui m'a dit qu'elle avait passé un très bon moment de lecture... comme quoi, les goûts et les couleurs !
Extrait : "Le jour de la sortie, le 16 novembre, il n'était question que de Harry Potter. L'horreur commença vraiment pour Martin : il lui serait dorénavant impossible d'échapper à ce qu'il avait raté. Ce fameux droit à l'oubli que l'on évoque pour les criminels, il ne pouvait pas s'en prévaloir. Pire, on aurait dit que le pays entier soufflait sur les braises de son échec."
