Je ne déserterai pas ma vie, de Sébastien Rongier
Un roman/récit sur le couple formé après la première guerre mondiale par l'artiste Marcel Duchamp et la relieuse d'art américaine Mary Reynolds.
Une relation assez libre qui s'épanouit dans le milieu des artistes de Montparnasse d’après guerre. On y croise Man Ray, Picabia, Beckett, Cocteau ou Peggy Guggenheim.
Les temps sont doux dans la petite maison parisienne de Mary, entre Marcel qui joue aux échecs et Mary qui découvre la reliure. L''arrivée de la seconde guerre mondiale chamboule tout. Marcel fuit aux Etats-Unis tandis que Mary décide de rester et fait de sa maison une planque tournante de la résistance.
Plus que l'histoire de ce couple, le roman met en lumière la vie de Mary Reynolds, une femme libre, écorchée vive après la mort de son mari mais qui a su rebondir. Une femme droite, intègre, belle, intelligente et artiste. Une résistante de la première heure qui n'a pas baissé les bras. Rien à voir avec le falot Marcel Duchamp.
Au début j'ai cru lire un documentaire pas très bien écrit. Les phrases courtes avec un regard extérieur sont assez froides. La vie des artistes survolée. Et puis ces 10 pages sur une partie d'échec entre Duchamp et Beckett, que c'est long ! Mais le personnage de Mary s'étoffe et la deuxième partie du livre, où elle reste seule à Paris, est bien plus intéressante. Même si le style reste informatif, le personnage est captivant de même que toutes ces femmes qui ont eu un grand rôle dans la résistance.
J'ai cependant regretté qu'il ne soit pas plus fait mention des oeuvres des artistes que l'on croise, dont celle de Marcel Duchamp.
Une lecture en mi-teinte.
Extrait : "Dès 1924, une étrange vie amoureuse se met en place. Marcel disparaît parfois plusieurs semaines. Elle le voit, de temps en temps, partir au bras d'autres femmes. Elle n'a pas envie de jouer à ce jeu. Même Henry-Pierre Roché, secrètement tombé amoureux de Mary, trouve que Marcel manque de tact. C'est dire si son comportement hérisse. Peggy Guggenheim et Gabriële Buffet trouvent qu'elle avale trop de couleuvres pour un homme qui n'en vaut peut-être pas la peine. Mary n'est pas de cet avis. Elle aime sa présence, leurs soirées, ce qu'ils partagent ensemble et les amis communs."
