Chaleur humaine de Serge Joncour
Un des premiers livres que je lis sur fond de confinement.
On y retrouve la famille présente dans Nature humaine, quelques années plus tard. Tout d'abord Alexandre, le fils de 57 ans, qui vit dans le Lot et a repris la ferme et l'élevage bovin. Il est resté proche de ses parents qui sont, eux, devenus maraîchers. Et il y a les trois soeurs qui ont fui la région, Caroline professeur de français, Agathe qui tient un salon de thé et Vanessa photographe en plein lancement de sa société.
Au début de la pandémie de Coronavirus, les trois soeurs vont débarquer (pour l'une avec mari et enfants) à la ferme pour mieux vivre leur confinement.
Les vieilles rancoeurs de cette fratrie vont réapparaître, même si la solidarité est présente. Un obscur trafic de chiens de race vient parachever l'ambiance.
L'auteur sait bien rendre la beauté de cette région du Lot et l'amour de la terre. De plus j'y ai retrouvé très bien retranscrit les hésitations, craintes et débrouillardises que l'on a connu au début du confinement (surtout quand on était enseignant et qu'il a fallu donner des cours en distanciel à des élèves de collège qui n'avaient pas accès à l'ordinateur !), mais je suis malgré tout resté en périphérie de l'histoire.
J'ai relu mon avis sur "Nature humaine" et j'ai ressenti à peu près la même chose : "J'ai trouvé le style trop neutre et malgré les envolées lyriques sur la beauté des paysages je n'ai pas ressenti de "connexion" avec les personnages."
Extrait : "Alexandre ne répondit pas tout de suite, il regardait les chiots assis à ses pieds, leurs billes noires rivées sur lui comme s'il était Dieu le Père. Tout le monde attendait quelque chose de lui. Dans le fond, chacun était plombé par ses peurs et traînait sa petite perdition, alors que sa seule force à lui, il la puisait à l'air libre, dans la solitude et le calme."
