La ballade du feu de Olivier Mak-Bouchard
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Le narrateur, un jeune homme de 25 ans, vit avec son frère dans une petite commune du Vaucluse. De sa vie, il n'a jamais pris de décision. Il voulait être potier mais les enseignants l'en ont dissuadé au vu de ses bonnes notes. N'ayant rien fait après son bac, il enchaîne les petits boulots mais son dernier CDD de chef de rayon vient de se terminer. En recherche d'emploi, déprimé, il va adopter un chat qui traine dans le quartier et qui va l'accompagner dans ses longues journées de désœuvrement.
Bon, résumé comme ça, on pourrait croire qu'il s'agit d'un roman neurasthénique, et bien c'est tout le contraire ! C'est drôle, vivant, et comme la couverture, chaleureux.
D'abord il y a l'écriture, qui vous alpague avec beaucoup d'humour. Et puis il y a l'amour qui unit les deux frères et de belles rencontres. Et enfin le moment de peut-être prendre sa revanche sur la vie.
La construction est étonnante avec trois narrateurs dont les récits s'entremêlent, nous donnant le fin mot de l'histoire.
On y est bien, comme dans un conte avec une pointe de fantastique. C'est une petite parenthèse de douceur enrobée de dérision, de nature et d'émotion.
La seule petite note négative, c'est le côté un peu trop indolent du narrateur pour moi.
A découvrir.
Extraits :
"Je me suis retrouvé sur le parking en moins de temps qu'il ne faut pour le dire? J'aimerais pouvoir affirmer que j'étais catastrophé, que ce job; c'était ma vie, mais non. J'étais juste dégouté : même ça, j'avais réussi à le foirer. Dans la famille "dans la vie on fait ce qu'on peut, pas ce qu'on veut", je demande le fils. Tu ne l'as pas ? Pioche. Das la famille "j'ai foiré ma vie", je demande le fils. Ah lui, je l'ai, tiens, le voilà."
"Les jours d’après, tout s’est fait naturellement, pas à pas. Tartempion apparaît le matin à la porte-fenêtre, il fait bien attention que Doumé ne soit pas là, il a bien compris le caractère interdit de notre petite relation. Je lui ouvre et le laisse rentrer. Au début, je lui donnais sur la terrasse des boîtes de thon, mais ce petit manège n’a pas duré bien longtemps. La période de disette-chômage n’était pas franchement idéale pour les menus de luxe. Je me suis résolu à acheter un gros sac de croquettes, que je cache dans le garage derrière la tondeuse à gazon.
En contrepartie, Tartempion travaille, il me conseille dans mes recherches. Monsieur est un bavard : il répond systématiquement lorsque je lui parle. Je lui demande par exemple qui, entre Jardiland et la mairie de Carpentras, aura l’illustre honneur de recevoir mon CV en premier. Il miaule une fois et c’est Jardiland qui l’emporte ; deux et c’est la mairie."