vera parution 08/2009, 292 p.

Voilà un livre reçu à Noël, qui avait fait l'unanimité dans mon groupe de lecture, et que j'avais hâte de découvrir.

Belle rencontre, beau voyage familial et exotique. J'ai retrouvé pas mal de similitude entre ce livre et celui de Carole Martinez (gros coup de coeur) "le coeur cousu" : même saga familiale féminine, même envie de s'en sortir, et surtout même atmosphère fantastique...

Rose vit dans l'île de Vatapuna. elle gagne sa vie en se prostituant, mais elle est libre et heureuse. Jusqu'au moment ou, à l'âge de prendre une retraite bien méritée, elle tombe dans les filets d'un homme étrange dont elle se retrouve enceinte. Violette, l'enfant, est un peu écervelée et suit le chemin de sa mère. A 15 ans, elle met au monde Vera Candida, qui va être élevée par sa grand-mère, Rose. Quand Vera Candida se découvre enceinte, elle aussi à 15 ans, elle décide de fuir cette île pour s'affranchir de sa destinée.

Elle va découvrir la ville, la dureté d'une vie de fille-mère, mais aussi la liberté.

En plus de l'histoire qui m'a emportée, j'ai aussi beaucoup aimé l'écriture et surtout la façon d'intégrer dans les phrases des pensées (cf extrait). Une écriture très fluide et très agréable.

Un bon livre, qui ne m'a pas autant emporté que "le coeur cousu" mais que j'ai lu avec beaucoup de plaisir

Extrait : " La regarder ainsi c'était pour Itxaga comme de sentir de nouveau pulser son sang dans son corps jusqu'à l'extrémité même de son doigt fantôme, la main de Vera Candida qui pendait de son poignet et faisait négligemment dégringoler ses cendres d'un petit tapotement de l'index était comme l'aorte de son univers, et il pensa, Pour le moment ça me fait du bien de la revoir, quand ça me fera de nouveau mal j'arrêterai de la voir, mais c'était une promesse d'ivrogne et d'amoureux, à quel moment bascule-t-on de la douleur et de la dépendance, y-a-t-il un moment prévus où la joie disparaît? Alors il se dit, Tu attends quoi de moi? Il aurait aimé qu'elle se tourne vers lui, qu'elle cesse de regarder la cour et ses ornières pareilles à des vasques de boue, il aurait aimé qu'elle ne scrute pas au loin la cime de l'araucaria du jardin abandonné en face, il aurait aimé qu'elle se tourne vers lui, le fixe de ses yeux minuscules, remarque la cicatrice sur son visage et le petit doigt qui manquait et lui dise, Abandonne tout et allons sur ta colline de comédie musicale et reprenons tout à zéro."