enfant_noir prix Charles Veillon 1954

Dans l'émission "la grande librairie" spéciale salon du livre, Alain Mabanckou avait dit que son meilleur "classique" était "l'enfant noir". C'est un livre que j'avais vu au CDI, et que j'avais bien envie d'enlever vu son aspect pour le moins défréchi. Je m'en suis donc emparé, honteuse de ne pas l'avoir lu !

C'est une écriture un peu ancienne mais un thème toujours d'actualité. Un enfant vit dans la brousse, en Guinée. repéré à l'école pour ses bonne notes, il est envoyé poursuivre ses études dans la capitale. A l'issue de sa scolarité, on lui propose de continuer en France, grâce à une bourse. Déracinement, mélange de croyances locales, de rites ancestraux et de vie européenne. Passage de la brousse à la ville, de la case à l'immeuble. Déchirement des parents aussi, qui laissent leurs enfants loin d'eux.

Un bon livre sur cet aspect de la vie des "déracinés", mais j'ai trouvé l'écriture un peu vieillotte, et du coup assez dur à faire lire à des collégiens.

Extrait : "Je t'ai dit tout cela, petit, parce que tu es mon fils, l'ainé de mes fils, et que je n'ai rien à te cacher. Il y a une manière de conduite à tenir et certaines façons d'agir, pour qu'un jour le génie de notre race se dirige vers toi aussi. j'étais, moi, dans cette ligne de conduite qui détermine notre génie à nous visiter; oh! inconsciemment peut-être, mais toujours est-il que si tu veux que le génie de notre race te visite un jour, si tu veux en hériter à ton tour, il faudra que tu adoptes ce même comportement; il faudra désormais que tu me fréquentes d'avantage.

Il me regardait avec passion et, brusquement, il soupira.

- J'ai peur, j'ai bien peut, petit, que tu ne me fréquentes jamais assez. Tu vas à l'école et, un jour, tu quitteras cette école pour une plus grande. Tu me quitteras, petit."