patient parution 10/2012 - 168 p.

C'est mon fils, Demiderus, 16 ans, qui a reçu ce livre à Noël. Comme il se lit en une journée, je lui ai vite piqué ! J'aime beaucoup ce slameur qui a des textes percutants et émouvants, portés par une voix grave et posée.

Dans ce livre autobiographique, Fabien Marsaud, nous parle de l'année qu'il a passé dans des services de rééducation après son accident. Il allait avoir 20 ans quand, en chahutant avec des amis un été, il a plongé trop verticalement dans une piscine qui ne contenait pas assez d'eau. Au départ, les médecins ne lui laissaient pas d'espoir de remarcher, mais il a réussi à bouger un doigt de pieds, et de victoire en victoire, à se mettre debout et à gagner son indépendance.

Il raconte donc son arrivée dans un centre de rééducation où se trouve beaucoup de jeunes qui ne vont pas avoir, comme lui, la chance de retrouver de la mobilité. Il y a les douleurs, la rééducation, les soins, les humiliations et les progrès. Mais il y a aussi les les rencontres, les expériences humaines, la dérision, la force, la lucidité aussi. Il n'y a pas de voyeurisme, pas de pathos mais de la tendresse et de l'ironie.

Par deux fois, l'auteur finit son chapitre par la phrase : "C'est jamais inintéressant de prendre une bonne claque sur ses propres idées reçues", et ça nous fait du bien aussi !

Ce n'est pas une superbe écriture, et en même temps la force du livre tient aussi au fait qu'il soit écrit en langage familier. Cela lui donne un rythme et une proximité très forte.

Bref, un bon livre qui remet les idées en place !

Extrait : "Un jour, il m'a dit : tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapé se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent la première fois, tu n'es rien d'autre qu'un handicapé. Tu n'as pas d'histoire, pas de particularités, ton handicap est ta seule, identité. Ensuite, s'ils prennent un peu le temps, ils vont découvrir une facette de ton caractère. Ils verront alors si tu as de l'humour, si tu es dépressif... Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalité qui s'ajoute à ton statut d'handicapé : un handicapé caillera, un handicapé beauf, un handicapé bourgeois..."