le jour avant le bonheur

Nous sommes à Naples après la guerre. Un jeune orphelin est élevé par le concierge de son immeuble. Un vieil homme et un enfant qui forment une famille de coeur. Le concierge va lui apprendre le bricolage, les jeux de carte mais aussi l'amour et la solidarité. On suit le jeune garçon dans cet apprentissage de la vie plein de bon sens entre discussions, lectures et souvenirs. Ça se lit comme un conte.

Une écriture ciselée qui m'a donné envie de mettre des post-it partout, une histoire d'amour et d'amitié, un roman d'initiation fort.

Extraits :

"On écrivait avec une plume et de l'encre versé dans un trou de notre pupitre. Écrire était une peinture, on trempait sa plume, on faisait tomber les gouttes jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une avec laquelle on arrivait à écrire la moitié d'un mot. Puis on la trempait à nouveau. Nous de la pauvreté, nous séchions notre feuille à la chaleur de notre respiration. Sous notre souffle, le bleu de l'encre tremblait en changeant de couleur. Les autres l'essuyaient avec un buvard. Le vent que nous faisions sur la feuille à plat était le plus beau. Les autres écrasaient les mots sous leur petit carton blanc."

"En haut de l'échelle, les pieds dans le vide, ma tête apprenait à puiser la lumière dans les livres. Un fois tous lus, j'en voulais encore."

"De ma petite fenêtre, les jours de soleil, j'arrivais à remonter vers elle à travers un ricochet de vitres."

"Les hommes ont besoin de moments spéciaux pour montrer leur valeur. Les femmes sont plus vaillantes dans la normalité."

parution avril 2010, Gallimard, 137 p.