murcie

Un coup de téléphone va changer pour quelques jours la vie de Faramarz Hajari, écrivain peu renommé d'origine kurde vivant à Paris. Il vient d'être invité à participer à une conférence sur l'exil qui se tiendra à Murcie, en Espagne. Or cette ville est le lieu de naissance d'Ibn Arabi, grand poète et mystique musulman du 13ème siècle, exilé à Damas où il est décédé. En partant à la découverte de cette ville, Faramarz revient sur l'histoire de l'Espagne, conquise pendant de longues années par les musulmans. "Une histoire faite de guerres et de querelles, de conquêtes et de reconquêtes."

Les promenades dans les ruelles de Murcie laissent parfois la réalité de côté pour passer à des apparitions, nous permettant de plonger la tête la première dans le cheminement intellectuel de ce grand mystique. Mais c'est surtout la ville de Murcie qui est raconté dans ce livre, plus que la vie d'Ibn Arabii.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteur, claire, agréable et imagée. J'ai surtout apprécié les points de comparaison entre Ibn Arabi et Don Quichote, tous deux exprimant une confiance inébranlable en leur foi, en leur mission, avec leur illumination qui les a fait changer de voie.

J'ai moins aimé les passages purement historique où les noms de maîtres berbères, de wisigoths et de califes défilent. De même, je trouve que l'aventure sexuelle que va vivre Faramarz Hajari n'est pas nécessaire.

En tout cas c'est un livre que je n'aurais sûrement pas lu sans l'opération masse critique, et ce fut une découverte intéressante.

Merci à Babelio et aux éditions du Jasmin.

Extrait : "Ibn Arabi devenait l'archétype par excellence des exilés, des hommes et des femmes tiraillés entre leurs racines et leurs univers de rescapés installés ailleurs. Durant toute mon errance dans les villes européennes, il me renvoyait, à mon insu, à mon propre déchirement entre mes terres kurdes qui m'échappaient de plus en plus et la France que je comprenais de moins en moins. Je venais d'avoir ma première illumination musicienne ! Sur le Vieux Pont voûté en pierre, la gâche et le pêne d'une serrure cédaient et faisaient un joli plouf dans les eaux de la Segura.

Mon séjour à Murcie me réussissait. Très agréablement surpris par "ma découverte akbarienne" , je me pendais sur le parapet que j'embrassai comme lorsqu'on se penche sur le revers d'une main ridée par l'âge et la piété. "