les silences de la guerre parution 11/2011 - 189 p.

J'ai acheté ce roman après avoir discuté avec l'auteure lors du salon du livre de Rennes, en février dernier. Je l'ai  revu 15 jours après au salon de Paris, beaucoup plus bruyant et moins intimiste...

Glaoda a vingt ans en 1943. La guerre l'oblige à arrêter des études littéraires à Rennes pour rentrer chez elle, près de Brest. Dans la maison qu'elle partage avec son père, vétérinaire, une chambre a été réquisitionnée pour un officier du génie allemand Hermann Christhaller. Cet homme cultivé et poli procure à Glaoda une compagnie intelligente et une conversation animée. Rapidement, leurs sentiments vont se dévoiler et ils vont devenir amants. Pour eux, cette relation est vécue comme un acte de résistance, un acte qui donne tort à la guerre.

Herman Christhaller est patriote. Il aime l'Allemagne et une certaine rigueur de l'armée, mais il n'est pas nazi et voit clairement la folie du Führer. Pour autant il n'est pas prêt à rentrer en résistance contre son pays. 

Le père de Glaoda est résistant mais comprend le devoir de Hermann. Il a de l'estime pour cet homme droit et juste.

Glaoda est subjuguée par l'officier, par son charisme, sa connaissance des arts et ses conversations philosophiques.

Claire Fourier à écrit cette histoire après avoir été chamboulée par la lecture de "Le silence de la mer" de Jean Vercors. Dans ce livre  : "En 1941, au début de l'Occupation, un officier allemand, épris de culture française, réquisitionne la maison d'une famille comprenant un vieil homme et sa nièce. Par des monologues prônant le rapprochement des peuples et la fraternité, il tente, sans succès, de rompre le mutisme de ses hôtes dont le patriotisme ne peut s'exprimer que par ce silence actif." (source Wikipedia);

Au contraire, l'auteure pense que les relations entre ennemis peuvent exister, peuvent être vraies, sans pour autant tomber dans la collaboration. La paix vient par le dialogue et non par le silence.

L'écriture est fluide, entrecoupée ça et là  de références historiques notées en italique. Les personnages sont attachants (un peu trop lisses ?). J'ai fait la connaissance d'un peintre, Caspar David Friedrich, dont les tableaux émaillent le texte et que j'ai été voir sur internet...

Bref, une belle lecture douce et dure à la fois. Moi qui aime les romans historiques, je n'a pas été déçue.

Une belle critique d'Yvon