une sirène à paris

Après les très beaux " Journal d'un vampire en pyjama" et "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi', l'auteur revient vers l'univers onirique et fantastique qui m'avait emporté avec "Métamorphose en bord de ciel". 

Gaspard Snow est un jeune homme descendant d'une famille de "Surprisiers". C'est un art de vivre et de résister, un pas de côté pour que ses rêves deviennent réalités, une ardeur poétique que sa grand-mère lui a transmise. Une grand-mère qui a construit le "Flowerburger", une péniche féerique avec un passage secret qui amène vers une salle où seul les initiés peuvent se rendre. On y trouve un voice-o-graph et un groupe de choristes que Gaspard accompagne à l'harmonica et la guitare.

Mais la vie n'est pas rose, Gaspard ne se remet pas d'une rupture amoureuse, le Flowerburger va mal et risque d'être vendu, et, en ce mois de juin 2016, la Seine est en crue.

C'est en se rapprochant des quais, attiré par une mélodie lancinante, que Gaspard va rencontrer Lula, une sirène blessée. Comment lui venir en aide sans succomber à son chant ? Nous allons alors suivre toutes les péripéties de ce couple improbable dans un monde plein de poésie, de magie et d'amitié mais aussi de désespoir et de deuil.

C'est fantasque, entraînant, hypnotique, tendre et cruel à la fois.

Un conte moderne où l'on doit garder son âme d'enfant pour ramasser les perles de larme d'une sirène, voir un camion passer le matin récupérer les rêves pour qu'ils ne soient pas oubliés, où ne pas s'étonner de voir un tuk-tuk tirer une baignoire avec une sirène sanglée à l'intérieur.

Il faut se laisser emporter par le rêve, l'imaginaire et le délire poétique de l'auteur.

Un roman qui m'a fait penser au très bon film "la forme de l'eau", tant par l'histoire que par l'atmosphère qui s'en dégage.

Extrait : " La nuit remballait son matos de Noël, étoiles, lune et autres décorations du presque silence. Le grand orchestre symphonique des klaxons de Paris s'accordait à l'horizon. Quand il était petit, Gaspard rechignait à sortir de son lit, de peur d'oublier ses rêves. Sylvia lui racontait alors qu'un camion invisible passait chaque matin récupérer les rêves oubliés. Il les recyclait pour entretenir une base de données accessible à n'importe quel être humain, à n'importe quel moment de la journée. Il suffisait d'utiliser son imagination."