un territoireparution 01/2012 - 152 p

J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture poétique et précise d'Angélique Villeneuve dans ce roman acheté au salon de Binic. 

Pas de prénom dans ce livre, mais "elle", une femme de quarante-cinq ans (que j'ai cru beaucoup plus vieille au départ) qui s'occupe de manière exclusive et quasi monacale du Garçon et de la Fille, deux jeunes adultes. Elle revient sur ses souvenirs, sur la vie dans cette même maison avec la Mère, le Père et la Soeur et quelques visites de la Tante et de l'Oncle.

Souvenirs d'une vie rangée, sans beaucoup d'amour et sans communication, mais sans violence. Une vie qui coulait. Elle a pris la décision du silence (aidée peut-être par sa semi-surdité) et trouve son bonheur dans les gestes du quotidien. La Soeur a choisi un autre mode de communication, enchaînant les aventures.

Alternance du présent et du passé, et petit à petit se dessine les évènements qui l'ont amené à cette vie de semi-esclave, une vie cependant choisie "Ils devinrent comme des animaux et elle, dans le terrier, après l'effondrement, n'eut d'autre solution que de se dessiner, lentement, un espace humain où se tenir debout.

Elle le trouva dans le geste. Elle le trouva dans le linge, dans l'éponge, dans l'évier. Mais elle le trouva, et elle se tint debout."

 Un huis-clos un peu étouffant, des phrases courtes et ciselées, un univers presque fantastique où cette femme pleine d'amour s'échappe par la créativité et la couture.

L'auteure nous laisse naviguer dans cet univers, suggérant et laissant la part au rêve.

Une très belle écriture.