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le blog des fanas de livres

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  • Je lis pour m'évader, avancer, ressentir des émotions et des sensations, rire, vibrer, pleurer, comprendre, m'ouvrir à de nouvelles cultures, rêver, trembler... et j'ai bien envie de le partager avec vous.
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14 octobre 2026

Carnet de bord du 7 au 13 octobre 2026

 

14 octobre 2026

Je pleure encore la beauté du monde de Charlotte McConaghy

Inti est une jeune biologiste qui dirige un projet de réintroduction du loup dans les Highlands. Avec une équipe de scientifiques, elle arrive dans un village d'éleveurs, où, bien évidemment, leur projet n’est pas bien vu.

 

Émotionnellement fragile à la suite d’un drame familial,  intègre vis à vis des loups jusqu’à cacher un meurtre pour être sûre qu’ils ne soient pas accusés, n'admettant pas de demi-mesure, Inti n’a pas un travail facile mais ne simplifie pas non plus la communication avec les villageois.

 

Le roman mélange une enquête, une nature omniprésente, le silence face à la violence contre les femmes, le questionnement de qui est le prédateur entre l’homme et le loup, le lien fraternel …

 

Il y a de très belles choses dans ce livre mais parfois un peu de “facilité”, notamment à la fin.

 

Un thriller écologique et social qui marque.


 

Extrait : “On apprend aux hommes qu’ils doivent tout contrôler mais la société moderne ne cautionne plus ce modèle, alors quelques-uns d’entre eux ont l’impression que les choses leur échappent et ils vivent cela comme une humiliation. Ça les rend d’abord fous de rage puis violents.”

 

“- Pourquoi les loups ? demande Duncan. Pourquoi ce choix de vie ?

- Quand on parle de préservation, de sauver cette planète, il faut commencer par les prédateurs. Parce que tant qu’on ne les aura pas sauvés eux, on n'aura aucune chance de sauver le reste.”

 

14 octobre 2026

Ces lignes qui tracent mon corps de Mansoureh Kamari

Premier album de cette autrice réfugiée iranienne qui vit à Paris. 

Elle revient sur son enfance en Iran avec un père autoritaire et écrasant, une mère soumise au diktat de son mari, le monde séparé des garçons et des filles, le tabou de la virginité, la dichotomie entre sa vie quotidienne où elle est constamment observée et la projections des films étrangers qui ouvrent sur une autre vie possible.

Sa renaissance en France passe par le fait d’être modèle vivant pour des cours de dessin. Les regards posés sur son corps nus sont bienveillants et sans sexualité, au contraire de ceux qui étaient posés sur son corps couverts de vêtements longs et d’un foulard en Iran. 

Ces lignes tracent son corps et lui donnent une liberté retrouvée même si la peur est toujours présente. C’est comme un exorcisme.

Les illustrations sont superbes, dans des tons gris pour les parties en Iran, avec un peu plus de couleurs en France.

J’ai juste été déçue par la fin un peu trop rapide, comme si elle ne savait pas comment terminer ce rapport au corps. On ne sait rien par exemple de son exil en France, son arrivée ... et ça m’a manqué.

Un témoignage touchant et plein de pudeur.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

 

7 octobre 2026

Carnet de bord du 30 septembre au 06 octobre 2026

 

7 octobre 2026

Nous qui avons connu Solange, de Marie Vareille

Je n’avais pas entendu parler de ce roman à sa sortie, et là, j’ai l’impression qu’autour de moi tout le monde en parle… 

Une belle découverte de cette autrice.

 

Célestine a 107 ans. Avant de disparaître, elle décide d’écrire et de dévoiler un secret de famille. Son récit est entrecoupé par les lettres de Solange.

 

Dans la commune rurale où elle a grandi, les femmes sont indépendantes et volontaires. Sa mère Marguerite qui rêve d’avoir sa ferme, elle-même qui veut devenir institutrice, et puis arrive Solange. Une jeune fille enjouée et solaire dont la naissance et la vie vont perturber toute la famille.

 

J’ai été happée par cette histoire et par ces générations de femmes :

  • Par la modernité de Madeleine qui veut voir ses filles faire des études
  • Par la solidité de Célestine, ses rêves, sa servitude, ses choix et non-choix
  • Par la fragilité de Solange, sa sensibilité, ses errances
  • Par l’équilibre de Jeanne

 

Une très belle découverte que cette plume facile à lire et ce récit parsemé de retournements de situation et de secrets bien gardés.

Je l’ai dévoré.

Extrait : “Jeanne contemple [Solange …] : elle admire la beauté pure de son regard, la sincérité de son sourire, sa sensibilité à fleur de peau, son esprit de révolte, son intelligence si vive, l’immensité de ses connaissances, sa folle imagination et cette invraisemblable tendresse qu’elle est capable de manifester, que ce soit à son égard, à l’égard des enfants ou des animaux… Elle ne comprend pas que personne n’arrive à voir ce qu’elle voit, que personne ne cherche à comprendre qui est Solange au-delà de son étrangeté.”
7 octobre 2026

Les petites victoires de Yvon Roy

L’auteur revient avec des illustrations douces en noir et blanc et beaucoup de sensibilité sur l’annonce de l’autisme de son fils, Olivier, alors qu’il avait environ deux ans.

Un diagnostic qu’il n’a jamais complètement accepté. Il décide de faire évoluer au maximum son fils en allant à l’encontre de ce que disent les médecins. Se laissant porter par son instinct, il va petit à petit apprendre à Olivier à regarder dans les yeux, à ne pas avoir peur de la saleté, à accepter de casser sa routine...

Un combat de chaque jour qui va porter ses fruits puisqu’Olivier va pouvoir suivre une scolarité dite “normale”.

Bien sûr, il n’est pas question de généraliser et de dire qu'il faut absolument faire la même chose avec tous les enfants autistes. C’est juste un témoignage d’amour d’un père à son fils, un père qui va mettre du temps à dire à son fils qu’il est un fils formidable.

Une bande dessinée douce dans les dessins et pleine de tendresse. 

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Fanny.

 

30 septembre 2026

Carnet de bord du 23 au 28 septembre 2026

 

30 septembre 2026

Des idées d’incendie d’Angélique Villeneuve

Coup de cœur pour ce nouveau roman d’Angélique Villeneuve. 

 

Nous allons suivre Paulie sur une cinquantaine d'années, cette jeune fille issue d’un milieu pauvre et rural de la fin du XIXè siècle qui finit (et le roman commence par ce chapitre) enfermée dans un asile d'aliénées.

 

Paulie est une taiseuse, travailleuse, qui va rapidement se retrouver en charge de sa famille. Ses combats, ses errances, ce qu’elle arrive à construire malgré l’adversité, elle nous en parle avec un langage âpre et brillant. Car si elle a peu de connaissances, elle  sait voir toute la beauté de la nature. 

 

J’ai adoré l’écriture de ce roman. 

La rusticité des paroles de Paulie est entrecoupée par des passages en vers libres qui nous mène vers un monde de perception et d’instinct. Un monde de lumière où, à travers les silences , on comprend les turbulences de la vie. Silence de Paulie, mais aussi silence de la famille et de toute une communauté.

La voix de Georges, le fils aîné, qui apparaît parfois en off, finalise l'histoire et le ressenti de cette famille.

La vie de Louise, la petite fille, différente et attachante, rajoute de la délicatesse et de l’humanité dans ce monde âpre.

 

Si l’histoire peut paraître sombre, elle est pourtant emplie de beauté et de lumière. 

 

J’ai mis du temps à lire ce livre car j’ai ralenti ma lecture, n’ayant pas envie de le terminer. 

 

Un roman sensible et puissant que je vous encourage à découvrir.

 

Extraits :

" Les dimanches, autrefois, son père s'y regardait. Elle s'en souvenait. De loin elle guettait l'apparition des portions de peau nette sur les joues  tandis qu'il se rasait. Une autre figure cachée sous la barbe et sous le savons allait lui âtre révélée, invariablement bleue mais différente chaque semaine. Ella aurait voulu toucher cette joue et pourtant se tenait tranquille, respirant l'odeur du savon qui devenait celle de son père. Il demeurait peut-etre, derriière les pointillés du miroir, une ombre de lui."

 

"[...] les joues froides entre les deux mains

les cheveux battant les paupières

la jupe alourdie

le bruit des sabots

plongeant et cognant

la peur

le cœur débordé de fouillis

elle appelle

regarde

elle court et s'arrête

ralentit

elle appelle

et rien.

Rien."

 

30 septembre 2026

Le murmure de la mer, d’Hippolyte

Hippolyte est un photographe - illustrateur qui va participer à des missions de sauvetages des migrants auprès des membres de SOS Méditerranée.

Sa première action a lieu pendant la pandémie de Covid. Avant l’embarquement, il y a déjà les innombrables difficultés de l’équipage freiné par toutes les directives administratives.

Puis, à bord de L'Océan Viking, enfin l’action. Hippolyte ne va pas seulement dessiner ou photographier l’équipe mais aussi les aider dans plusieurs sauvetages. Un bébé tenu dans ses bras va particulièrement l’émouvoir, lui qui a laissé son fils de 11 ans à l’autre bout du monde pour effectuer cette mission.

Ce roman graphique est profondément humain.

  • L’humanité de l’équipe, les raisons de leurs investissements, leurs failles et espoirs,
  • mais aussi l’humanité des migrants si dignes dans leurs souffrances.

Les photos et les illustrations alternent au fil des pages et donnent une réalité au récit, toujours avec pudeur.

Un très bel objet, un magnifique témoignage de courage et d’abnégation.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Blandine.
 

23 septembre 2026

Carnet de bord du 16 au 22 septembre 2026

 

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