Carnet de bord du 30 septembre au 06 octobre 2026
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Je n’avais pas entendu parler de ce roman à sa sortie, et là, j’ai l’impression qu’autour de moi tout le monde en parle…
Une belle découverte de cette autrice.
Célestine a 107 ans. Avant de disparaître, elle décide d’écrire et de dévoiler un secret de famille. Son récit est entrecoupé par les lettres de Solange.
Dans la commune rurale où elle a grandi, les femmes sont indépendantes et volontaires. Sa mère Marguerite qui rêve d’avoir sa ferme, elle-même qui veut devenir institutrice, et puis arrive Solange. Une jeune fille enjouée et solaire dont la naissance et la vie vont perturber toute la famille.
J’ai été happée par cette histoire et par ces générations de femmes :
Une très belle découverte que cette plume facile à lire et ce récit parsemé de retournements de situation et de secrets bien gardés.
Je l’ai dévoré.
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L’auteur revient avec des illustrations douces en noir et blanc et beaucoup de sensibilité sur l’annonce de l’autisme de son fils, Olivier, alors qu’il avait environ deux ans.
Un diagnostic qu’il n’a jamais complètement accepté. Il décide de faire évoluer au maximum son fils en allant à l’encontre de ce que disent les médecins. Se laissant porter par son instinct, il va petit à petit apprendre à Olivier à regarder dans les yeux, à ne pas avoir peur de la saleté, à accepter de casser sa routine...
Un combat de chaque jour qui va porter ses fruits puisqu’Olivier va pouvoir suivre une scolarité dite “normale”.
Bien sûr, il n’est pas question de généraliser et de dire qu'il faut absolument faire la même chose avec tous les enfants autistes. C’est juste un témoignage d’amour d’un père à son fils, un père qui va mettre du temps à dire à son fils qu’il est un fils formidable.
Une bande dessinée douce dans les dessins et pleine de tendresse.
Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Fanny.
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Coup de cœur pour ce nouveau roman d’Angélique Villeneuve.
Nous allons suivre Paulie sur une cinquantaine d'années, cette jeune fille issue d’un milieu pauvre et rural de la fin du XIXè siècle qui finit (et le roman commence par ce chapitre) enfermée dans un asile d'aliénées.
Paulie est une taiseuse, travailleuse, qui va rapidement se retrouver en charge de sa famille. Ses combats, ses errances, ce qu’elle arrive à construire malgré l’adversité, elle nous en parle avec un langage âpre et brillant. Car si elle a peu de connaissances, elle sait voir toute la beauté de la nature.
J’ai adoré l’écriture de ce roman.
La rusticité des paroles de Paulie est entrecoupée par des passages en vers libres qui nous mène vers un monde de perception et d’instinct. Un monde de lumière où, à travers les silences , on comprend les turbulences de la vie. Silence de Paulie, mais aussi silence de la famille et de toute une communauté.
La voix de Georges, le fils aîné, qui apparaît parfois en off, finalise l'histoire et le ressenti de cette famille.
La vie de Louise, la petite fille, différente et attachante, rajoute de la délicatesse et de l’humanité dans ce monde âpre.
Si l’histoire peut paraître sombre, elle est pourtant emplie de beauté et de lumière.
J’ai mis du temps à lire ce livre car j’ai ralenti ma lecture, n’ayant pas envie de le terminer.
Un roman sensible et puissant que je vous encourage à découvrir.
Extraits :
" Les dimanches, autrefois, son père s'y regardait. Elle s'en souvenait. De loin elle guettait l'apparition des portions de peau nette sur les joues tandis qu'il se rasait. Une autre figure cachée sous la barbe et sous le savons allait lui âtre révélée, invariablement bleue mais différente chaque semaine. Ella aurait voulu toucher cette joue et pourtant se tenait tranquille, respirant l'odeur du savon qui devenait celle de son père. Il demeurait peut-etre, derriière les pointillés du miroir, une ombre de lui."
"[...] les joues froides entre les deux mains
les cheveux battant les paupières
la jupe alourdie
le bruit des sabots
plongeant et cognant
la peur
le cœur débordé de fouillis
elle appelle
regarde
elle court et s'arrête
ralentit
elle appelle
et rien.
Rien."
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Hippolyte est un photographe - illustrateur qui va participer à des missions de sauvetages des migrants auprès des membres de SOS Méditerranée.
Sa première action a lieu pendant la pandémie de Covid. Avant l’embarquement, il y a déjà les innombrables difficultés de l’équipage freiné par toutes les directives administratives.
Puis, à bord de L'Océan Viking, enfin l’action. Hippolyte ne va pas seulement dessiner ou photographier l’équipe mais aussi les aider dans plusieurs sauvetages. Un bébé tenu dans ses bras va particulièrement l’émouvoir, lui qui a laissé son fils de 11 ans à l’autre bout du monde pour effectuer cette mission.
Ce roman graphique est profondément humain.
Les photos et les illustrations alternent au fil des pages et donnent une réalité au récit, toujours avec pudeur.
Un très bel objet, un magnifique témoignage de courage et d’abnégation.
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Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Blandine.
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Récit d’une aventure particulière : la traversée du Massif central sans un sous en poche et sans outil de communication par deux jésuites novices. C’est ce qui est appelé “le mois mendiant”. Un mélange de pauvreté et de débrouillardise qui a été réalisé en juillet 2020 par l’auteur et un compagnon de route.
Ces deux novices, proches de la quarantaine, vont donc apprendre à se connaître et à quémander nourriture et logis. Leur périple est une sorte de passage initiatique qui doit aussi servir à valider, ou pas, leur noviciat.
L’auteur nous livre ses pensées au fil de sa marche. L’écriture est assez poétique. On passe des descriptions de la nature à des notions plus profondes puis à des considérations plus terre à terre quand il s’agit de manger ou dormir. Ils vont faire des belles rencontres, souvent chez des personnes éloignées de la religion (j'ai été étonnée par le nombre de personnes qui les reçoivent qui sont en arrêt maladie à cause d'un burn-out, que ce soit une institutrice, une infirmière, un commercial…) et vivre des moments plus difficiles.
Un parallèle se fait entre la beauté de ces terres dépouillées et leurs cheminements.
Je me suis laissé prendre par ce pèlerinage qui donne envie de découvrir cette nature et ces chemins peu touristiques. Nul besoin d’être croyant pour lire ce récit. Les réflexions de l’auteur portent sur son devenir mais sont peu souvent empreintes de spiritualité.
Un récit qui permet de voyager avec une belle écriture.
Extrait : “De fait, la traversée de ces nudités convoque le désert de ma propre existence. A la différence de Parsac, bien assuré dans sa vocation, la mienne vacille chaque jour davantage. L’ivresse de la liberté, à laquelle je goûte depuis un mois, l’aptitude à débusquer le sacré ailleurs que dans l’orbite religieuse - notamment dans le silence, la nature, la lumière, le vent, au milieu des bêtes et auprès de nos hôtes, surtout ceux qui sont loin de l'Église-, l’attirance pour les marges solitaires, le goût de la fugue, la hantise de devenir le délégué d’un message dont l’évidence s’est voilée, la peur d’être enfermé dans un carcan qui étouffe l’esprit de liberté, tout cela milite de plus en plus en faveur d’un départ du noviciat et d’un adieu à la vie religieuse. J’espère que les derniers jours du voyage accoucheront d’une réponse définitive.”
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En rentrant d'une soirée passée dans un café avec son meilleur ami, Thomas se rend compte qu'il n'est pas rentré avec son portable mais avec celui d'un()e inconnu(e). Il cherche donc à retrouver la personne pour refaire l'échange, mais sa quête ne va pas se passer comme prévu. Il va bien récupérer son téléphone, mais Romane Monnier, la femme à qui appartient le portable mystérieux, lui laisse en lui donnant les codes pour y accéder.
Il va essayer d'en savoir plus sur elle en entrant dans son portable, en fouillant, et ça va bientôt devenir une obsession. Est-elle vivante ? Pourquoi a-t-elle voulu disparaître ? Qui est-elle vraiment ?
Cela va aussi le ramener à la disparition de la femme qu'il a aimé et avec qui il a eu une fille.
Une sorte de jeu de piste avec pour toile de fond les disparitions volontaires,l'importance grandissante de nos smartphones et toutes les traces que nous laissons.
C'est agréable à lire, c'est prenant, mais je ne le garderai pas longtemps en mémoire.
Extrait : “Il songe un instant à cette aliénation insensée qui s'est insinuée dans sa vie comme dans celle de la plupart des gens qu'il connaît, il suffit de regarder autour de soi : ces dizaines de visages penchés sur leurs écrans, dans le métro, dans la rue, qui ne se regardent plus, ne regardent plus le ciel, ne regardent plus leurs enfants, mais continuent d'avancer ainsi, tête baissée, aveugles au monde auquel ils se croient reliés.”