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le blog des fanas de livres

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21 octobre 2026

Carnet de bord du 14 au 20 octobre 2026

 

21 octobre 2026

Tes mots sur les murs, de Eve Renard

Olympe est une jeune fille plutôt bien dans sa peau malgré des moqueries sur son poids et sa préférence pour les filles qui n’est pas toujours facile à assumer. Entourée de ses deux bons amis, Assia et Hassan, elle profite de sa vie de collégienne de troisième assez sereinement. Elle adore particulièrement le club de Mme Violette, leur professeur de français, où l'on débat du droit des femmes, du sexisme …

 

Depuis quelque temps, des phrases taguées ou collées sur les murs du collège fleurissent. Des phrases féministes. Qui est ce mystérieux Poète qui fait tourner en bourrique le principal et qui émerveille Olympe et Assia qui repostent les photos des messages sur les réseaux ?  Elles commencent à enquêter.

 

Les chapitres alternent entre un écrit par Olympe et un écrit par le Poète. On a donc une lecture omnisciente. Une lecture qui nous plonge dans le quotidien du collège. Il y est question de préjugés, de prise de conscience, d’amitié et d’amour mais aussi de consentement, de solitude, de deuil et de violence familiale.

 

Un roman jeunesse engagé écrit avec beaucoup de délicatesse. Un roman touchant écrit par une toute jeune autrice de 23 ans qui montre que les mots ont du pouvoir. Ce roman a eu le prix Babelio.

 

 Extrait : “Qui suis-je, de toute façon ? Tout ça me terrifie. Toutes ces questions. Tous ces vers qui s'entremêlent dans ma tête, que j'aimerais écrire, peindre, coller, crier, qui s'allongent, se multiplient, vivent leur vie propre, et que je ne peux pas libérer dans un journal intime, il faut que je les montre au monde entier, que les autres les déchiffrent à ma place.”

 

21 octobre 2026

La solitude des professeurs est infinie, Yannick Haenel

Jean Deichel revient sur ses années d’enseignements en collège dans des banlieues “difficiles” des années 80. L’angoisse des premiers cours, la volonté de transmettre et la rigidité de l’institution qui brise.

 

Entre exaltation et abattement, félicitation et dénigrement, Jean navigue dans ses années d’enseignements en ayant souvent plus de difficultés à communiquer avec les adultes qu’avec les élèves. 

 

Et il m’a un peu énervé ce professeur. 

 

- J’ai aimé son côté poétique et enjoué devant les élèves, sa façon d’aborder la littérature et ses envolées. 

 

- J’ai aimé qu’il parle de la solitude des enseignants, non seulement la solitude devant les élèves surtout dans les zone difficiles, mais aussi la non reconnaissance de l'institution qui ne donne pas de moyens et change de réforme à chaque ministre (donc très souvent), et enfin et surtout la solitude de se faire rabaisser par des quidams qui nous rabâchent les oreilles en parlant du temps de vacances, du mauvais résultats des élèves, des profs qui ne renouvellent pas leurs cours et sont en arrêt à la première désillusion. 

 

Car depuis 15 ans de métier, j’ai vu beaucoup, beaucoup plus de profs s’impliquer dans des voyages, des projets, des aménagements pour les élèves à besoins particuliers ou le bien être des élèves, des profs qui ne comptent pas leur temps, que des profs ayant jeté l’éponge. Et c’est pourtant de ceux-là que l’on parle le plus, sur lequel on fait des reportages.

 

- Mais par contre je n’ai pas aimé la personnalité de Jean Deichel. J’ai eu du mal avec sa prétention, son égocentrisme et ses tergiversations amoureuses qui prennent beaucoup de place dans le roman. Et j’ai toujours du mal quand je ne ressent pas vraiment d’empathie avec le personnage principal d’un roman.

 

C’est donc une lecture où j’ai apprécié beaucoup de passages, mais qui ne m'a pas emporté dans son ensemble.

 

Extraits : “Chaque heure de cours, cette année-là, relevait du bras de fer. J’avais beau me démener pour trouver des textes étincelants, ou inventer des manières de faire nouvelles et amusantes, rien ne marchait.

 

Je passais mon temps à calmer le jeu, à désamorcer, à neutraliser : quoi qu’en disent les pédagogues, c’est la violence qui est première dans les collèges ; et être prof consiste à enrayer son déchaînement. Dans les collèges comme celui où j’enseignais, des élèves qui s’ennuient n’attendent pas poliment la fin du cours : ils ne pensent qu’à s’enfuir de la cellule où vous les séquestrez. Il vous voient comme un geôlier. On ne veut pas s’entendre avec un geôlier ; on s’oppose à lui - on le combat.”

 

“C’est la vie des profs, leur enfer quotidien, leur joie aussi quand ça marche, quand un visage s’éclaire furtivement, quand un élève manifeste sa compréhension, quand un cours est réussi, ou une copie excellente, quand vous sentez que malgré tout, quelque chose, mystérieusement, s’est transmis.”

 

14 octobre 2026

Carnet de bord du 7 au 13 octobre 2026

 

14 octobre 2026

Je pleure encore la beauté du monde de Charlotte McConaghy

Inti est une jeune biologiste qui dirige un projet de réintroduction du loup dans les Highlands. Avec une équipe de scientifiques, elle arrive dans un village d'éleveurs, où, bien évidemment, leur projet n’est pas bien vu.

 

Émotionnellement fragile à la suite d’un drame familial,  intègre vis à vis des loups jusqu’à cacher un meurtre pour être sûre qu’ils ne soient pas accusés, n'admettant pas de demi-mesure, Inti n’a pas un travail facile mais ne simplifie pas non plus la communication avec les villageois.

 

Le roman mélange une enquête, une nature omniprésente, le silence face à la violence contre les femmes, le questionnement de qui est le prédateur entre l’homme et le loup, le lien fraternel …

 

Il y a de très belles choses dans ce livre mais parfois un peu de “facilité”, notamment à la fin.

 

Un thriller écologique et social qui marque.


 

Extrait : “On apprend aux hommes qu’ils doivent tout contrôler mais la société moderne ne cautionne plus ce modèle, alors quelques-uns d’entre eux ont l’impression que les choses leur échappent et ils vivent cela comme une humiliation. Ça les rend d’abord fous de rage puis violents.”

 

“- Pourquoi les loups ? demande Duncan. Pourquoi ce choix de vie ?

- Quand on parle de préservation, de sauver cette planète, il faut commencer par les prédateurs. Parce que tant qu’on ne les aura pas sauvés eux, on n'aura aucune chance de sauver le reste.”

 

14 octobre 2026

Ces lignes qui tracent mon corps de Mansoureh Kamari

Premier album de cette autrice réfugiée iranienne qui vit à Paris. 

Elle revient sur son enfance en Iran avec un père autoritaire et écrasant, une mère soumise au diktat de son mari, le monde séparé des garçons et des filles, le tabou de la virginité, la dichotomie entre sa vie quotidienne où elle est constamment observée et la projections des films étrangers qui ouvrent sur une autre vie possible.

Sa renaissance en France passe par le fait d’être modèle vivant pour des cours de dessin. Les regards posés sur son corps nus sont bienveillants et sans sexualité, au contraire de ceux qui étaient posés sur son corps couverts de vêtements longs et d’un foulard en Iran. 

Ces lignes tracent son corps et lui donnent une liberté retrouvée même si la peur est toujours présente. C’est comme un exorcisme.

Les illustrations sont superbes, dans des tons gris pour les parties en Iran, avec un peu plus de couleurs en France.

J’ai juste été déçue par la fin un peu trop rapide, comme si elle ne savait pas comment terminer ce rapport au corps. On ne sait rien par exemple de son exil en France, son arrivée ... et ça m’a manqué.

Un témoignage touchant et plein de pudeur.

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Moka.

 

7 octobre 2026

Carnet de bord du 30 septembre au 06 octobre 2026

 

7 octobre 2026

Nous qui avons connu Solange, de Marie Vareille

Je n’avais pas entendu parler de ce roman à sa sortie, et là, j’ai l’impression qu’autour de moi tout le monde en parle… 

Une belle découverte de cette autrice.

 

Célestine a 107 ans. Avant de disparaître, elle décide d’écrire et de dévoiler un secret de famille. Son récit est entrecoupé par les lettres de Solange.

 

Dans la commune rurale où elle a grandi, les femmes sont indépendantes et volontaires. Sa mère Marguerite qui rêve d’avoir sa ferme, elle-même qui veut devenir institutrice, et puis arrive Solange. Une jeune fille enjouée et solaire dont la naissance et la vie vont perturber toute la famille.

 

J’ai été happée par cette histoire et par ces générations de femmes :

  • Par la modernité de Madeleine qui veut voir ses filles faire des études
  • Par la solidité de Célestine, ses rêves, sa servitude, ses choix et non-choix
  • Par la fragilité de Solange, sa sensibilité, ses errances
  • Par l’équilibre de Jeanne

 

Une très belle découverte que cette plume facile à lire et ce récit parsemé de retournements de situation et de secrets bien gardés.

Je l’ai dévoré.

Extrait : “Jeanne contemple [Solange …] : elle admire la beauté pure de son regard, la sincérité de son sourire, sa sensibilité à fleur de peau, son esprit de révolte, son intelligence si vive, l’immensité de ses connaissances, sa folle imagination et cette invraisemblable tendresse qu’elle est capable de manifester, que ce soit à son égard, à l’égard des enfants ou des animaux… Elle ne comprend pas que personne n’arrive à voir ce qu’elle voit, que personne ne cherche à comprendre qui est Solange au-delà de son étrangeté.”
7 octobre 2026

Les petites victoires de Yvon Roy

L’auteur revient avec des illustrations douces en noir et blanc et beaucoup de sensibilité sur l’annonce de l’autisme de son fils, Olivier, alors qu’il avait environ deux ans.

Un diagnostic qu’il n’a jamais complètement accepté. Il décide de faire évoluer au maximum son fils en allant à l’encontre de ce que disent les médecins. Se laissant porter par son instinct, il va petit à petit apprendre à Olivier à regarder dans les yeux, à ne pas avoir peur de la saleté, à accepter de casser sa routine...

Un combat de chaque jour qui va porter ses fruits puisqu’Olivier va pouvoir suivre une scolarité dite “normale”.

Bien sûr, il n’est pas question de généraliser et de dire qu'il faut absolument faire la même chose avec tous les enfants autistes. C’est juste un témoignage d’amour d’un père à son fils, un père qui va mettre du temps à dire à son fils qu’il est un fils formidable.

Une bande dessinée douce dans les dessins et pleine de tendresse. 

Retrouvez toutes les BD de la semaine chez Fanny.

 

30 septembre 2026

Carnet de bord du 23 au 28 septembre 2026

 

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